Plus bas, pas le même regard ...

Avec mes enfants et petits enfants, nous aimons aller nous promener dans les hypers surfaces où souvent en plus du magasin, se trouvent une galerie de petits commerces.

Passer un peu partout et prendre le temps de s'intéresser à ce que tout le monde aime, ça prend du temps, deux voir même parfois trois heures.

Je ne peux plus marcher à ce rythme lent et rester debout autant de temps, après trente minutes, tout mon corps me fait souffrir et je deviens un poids "lourd" à traîner comme un boulet au pied pour les enfants qui ont plus envie de s'amuser à tout regarder, nous faire part de tout ce qu'ils aiment dans le but que peut-être Saint-Nicolas l'entende aussi ... (grand sourire) !

J'ai donc fait en sorte que mon orgueil de femme fière cède la place à mon coeur de grand-mère la dernière fois et ai accepté de faire ce parcours dans un fauteuil roulant.

M'y installer me coûta cher, surtout à mon honneur, mais le temps de trouver comment on manipule cet engin pour se déplacer, j'y ai vite vu tout l'intérêt qu'il pouvait y avoir.

Une place sur mes genoux pour l'un des petits diables si le besoin s'en faisait sentir en premier lieu. Les enfants étaient ravis, même si au début mon petit Sam m'a regardée un peu tristement, il a vite compris que la promenade serait plus agréable comme ça !

On s'est même un peu risqué à une petite course charrette / fauteuil roulant avec ma fille pour amuser les petits.

Je faisais peu attention aux autres, car quand je suis en famille, je n'aime pas voir mon reflet dans leur regard ... ce que j'y vois ne me plait pas et la façon dont je suis regardée habituellement non plus.

Je n'ai pourtant pu m'empêcher ce jour-là de relever la tête sur les personnes que je croisais dans ce magasin. Leurs regards, tous leurs regards étaient différents, vraiment très différents de ceux qui me sont portés habituellement.

Dans leurs yeux, de la pitié, de la gêne, dans leur attitude, du respect, on s'écartait pour me laisser passer, pas une seule fois je n'ai entendu rire à mon sujet.

Pas une seule fois on ne m'a volontairement barré le passage ou bousculée (le fauteuil était peut-être trop dur à cogner ... ?) ; rien ne s'est passé comme quand je suis debout, quand je m'efforce de marcher en préférant souffrir.

Etrange non ! J'ai presque vu du respect envers moi ... pourtant je n'avais pas maigri, la même femme était assise dans ce fauteuil roulant que celle qui traine son corps énorme sur ses deux jambes habituellement ...

 

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